samedi 14 juillet 2012

Catwoman T1 : D'entre les ombres


Urban Comics réédite ce mois-ci la série Catwoman, écrite par Ed Brubaker, dessinée par Darwyn Cooke et parue initialement dans Detective Comics en 2002. Au programme, deux histoires en quatre parties chacune et deux petits back-up.

La première histoire s'intitule "Sur la piste de Catwoman".

Slam Bradley, un ancien flic de Gotham reconverti en détective privé, est engagé par le maire de Gotham. Il souhaite en effet savoir si Catwoman, que l'ont dit morte, l'est effectivement... Slam commence donc son enquête et s’aperçoit vite qu'il gène pas mal de monde...

Ce premier récit sert d'introduction au monde de Catwoman. L'enquête du personnage principal sert surtout à décrire Gotham, son ambiance moite, ses policiers corrompus etc... On retrouve ainsi l'ambiance du Gotham de Batman : Year One (ce qui était le but avoué de l'auteur).
On se retrouve ici dans une histoire classique de détective privé mais la narration et la mise en scène sont très efficaces et suivre les déboires de notre héros est vraiment jouissif. Il s'avère par ailleurs assez charismatique et on sourira souvent devant les commentaires ironiques et désabusés qu'il lâchera tout au long de son aventure.
On sent définitivement que Brubaker s'amuse avec les clichés du polar noir : le détective privé un peu bourru, la femme fatale, les mafieux peu accommodants etc... et c'est un véritable plaisir pour le lecteur de voir toutes ces scènes se succéder.
La meilleure histoire de l'album, à n'en pas douter.


La deuxième histoire s'intitule "Anonyme".

Selina Kyle hésite encore a ré-endosser le costume de Catwoman. Une série de meurtres perpétués dans son ancien quartier va la pousser à reprendre son ancienne identité afin d'arrêter le coupable.

Cette deuxième histoire va nous permettre de découvrir le personnage de Catwoman ainsi que son ambiguïté.
On découvrira ainsi sa personnalité au travers de son enquête qui va la mener aux frontières du surnaturel.  Si là aussi l'histoire est classique, elle n'en est pas moins parfaitement exécutée par Brubaker qui a le mérite de bien définir les bases de l'héroïne ainsi que d'introduire des personnages secondaires intéressants, qui joueront surement un rôle important dans la suite de la série.
Le suspense est maintenu jusqu'à la toute fin de l'histoire et le "méchant" a le mérite d'être original et évite tout manichéisme.
Une bonne histoire qui introduit de belle manière son personnage principal.

Parlons maintenant de la partie graphique de ces titres.
Le dessin de Darwyn Cooke réussissent parfaitement à retranscrire l'ambiance de polar noir que voulait donner Brubaker au titre. Plusieurs procédés graphiques permettent d'accentuer cette ambiance comme la présence de scènes où seules les silhouettes des personnages se découpent dans la nuit.
Catwoman/Selina Kyle est plus sexy que jamais (tout en ayant de la classe), espiègle, et aventurière. Elle apparait comme une femme forte et déterminée. En tout cas, on se prend vite d'affection pour elle, ce qui prouve que cette nouvelle version de Catwoman marche bien. A noter l'apparition d'un nouveau costume qui est encore d'actualité d'aujourd'hui.
Bref, du bon boulot !

Les deux histoires qui viennent clore ce tome sont plus anecdotiques mais néanmoins pas inintéressantes :
La première permet de définir un peu plus le personnage de Catwoman à travers plusieurs points de vue différents alors que la deuxième, très courte (deux pages), se veut plus être un clin d'oeil amusant aux lecteurs de comics aguerris (ou éternellement insatisfaits...ce qui peut être synonyme dans certains cas !).

En résumé :

Ce premier tome constitue donc une introduction au personnage de Catwoman ainsi que du monde dans lequel elle évolue.
Des histoires classiques mais solides, une bonne caractérisation, un dessin qui colle parfaitement à l'ambiance du titre. What else ? 
Seul regret, on reste un peu sur sa faim à la fin de ce premier tome. On en aurait voulu en effet un peu plus !
Espérons que les tomes suivants seront à la hauteur de celui-ci...






jeudi 12 juillet 2012

Vengeance : La brigade des jeunes

Retour sur la mini-série Vengeance écrite en 6 parties par Joe Casey et dessinée par Nick Dragotta.

Une équipe secrète de jeunes héros réussissent à délivrer un mystérieux prisonnier tandis que de jeunes vilains tentent de s'attaquer à des supervilains veillissants. Le prisonnier libéré leur indique alors que l'équilibre du monde est menacé...

Cette mini-série est en fait un crossover auto-contenu. En effet, l'ensemble du Marvel Universe est représenté est l'histoire se déroule des rues de Long Island jusque dans le cosmique et d'autres dimensions. On y croise aussi beaucoup de méchants connus (de Magnéto à Bullseye, c'était la contrainte principale donnée à l'auteur pour réaliser l'histoire). Le sentiment d'univers partagé est donc très fort et les situations et atmosphères sont variées.
Le récit est un gros blockbuster : il se passe beaucoup de choses dans ces 6 épisodes et le lecteur n'a vraiment pas le temps de s'ennuyer ! On aura surtout droit a énormément d'action et de scènes impressionnantes qui suivront un scénario simple, mais non dénué d'intérêt, qui saura éveiller notre curiosité. Beaucoup de questions se posent en début de récit dont les réponses se dévoileront au fur et à mesure des épisodes.
Tous les personnages, ou presque, sont de nouvelles créations de Casey. Ils bénéficient tous d'un charisme indéniable mais malheureusement, l'aventure ne laissent que très peu de place à leur développement et on ne les connait pas assez à la fin de l'histoire. D'où la naissance d'un sentiment de frustration car on sent qu'ils ont chacun un potentiel qui mériterait d'être plus exploité... Peut-être dans une éventuelle suite ? Néanmoins, cette absence de profondeur n'est pas très gênante ici, puisque le but même de ce type de récit n'est pas de développer des personnages mais plutôt de fournir une histoire pleine d'action et de rebondissements. Et cet objectif est clairement rempli par l'auteur.
Celui-ci n'oublie d'ailleurs par de livrer les bases d'une réflexion sur les différentes générations de héros et sur les relations complexes qui relient le Bien et le Mal. Des idées intéressantes qui font de ce récit un peu plus que le cross-over de base (type Siège par exemple...).

Nick Dragotta s'est surpassé et son dessin est un niveau au-dessus des ces précédents travaux (par exemple, ses Amazing Spider-Man). Il livre un découpage et un storytelling efficace et inspiré et des scènes d'actions lisibles et spectaculaires. Comme dit précédemment, le design des nouveaux personnages est soigné et certaines pages sont carrément surréalistes et apportent de la fraîcheur et une identité graphique forte à l'histoire.

Pour finir, notons quelques coquilles et problèmes de traduction de la part de Panini, qui n'a même pas pris le soin d'expliquer certaines situations qui l'auraient sans doute méritées...Dommage.

En résumé :

De nouveaux personnages, une histoire dense, de nombreuses scènes d'action...le tout dans les décors variés d'un univers que l'on sent riche et vaste. Cette histoire prouve que l'on peut faire un crossover dense et intéressant, et ceci sans s'encombrer de tie-ins !
Si vous préférez l'action pure à la psychologie des personnages, cette mini sera parfaite pour accompagner votre séance de bronzette sur la plage.


dimanche 1 juillet 2012

Comics All Day : L'émission n°1

La première émission est en ligne !


http://www.youtube.com/watch?v=9XG1XFyIFDs&feature=plcp



Au menu de cette première émission :

Marvel Top n°6 : Hawkeye Blindspot
Spiderman Universe n°2 :Osborn
Batman 1 : la cour des Hiboux
Wonder Woman 1 : Liens de sang
Kingdom Come
Punisher Max 4 : Frank
Moon Knight 1 : Vengeur
Scalped 5 : La vallée de la solitutude
TMNT 2 : Ennemis un jour...


Pour aller plus loin sur les tortues ninja :

- le comic de la semaine d'Arkham :
http://www.youtube.com/watch?v=LMkTCb_orqU&list=UUE4i3OHPFosfM8EXAke-BOA&...
- le podcast de Comicsblog :
http://www.comicsblog.fr/13122-Podcast_76__Les_Tortues_Ninja

dimanche 24 juin 2012

Moon Knight 1 : vengeur

Moon Knight est de retour grâce à un relaunch orchestré par le mythique duo Bendis/Maleev. Au programme de ce 100%, les 7 premiers numéros de la série. Pari réussi ?

Marc Spector, aka Moon Knight, a élu domicile à Los Angeles en tant que producteur. Après avoir intercepté un mystérieux colis, il découvre qu'un nouveau caïd s'est installé en ville et décide d'en savoir plus...

Le défi était de taille pour Bendis : pas facile de relancer une série qui n'a jamais vraiment marché ces dernières années. L'auteur a donc eu la bonne idée de replacer le personnage dans un nouvel univers : Los Angeles et le milieu du cinéma. Ce nouvel environnement sied parfaitement à notre héros et permet de développer un peu le côté civil de Moon Knight, tout en permettant de placer quelques blagues bien senties.
Le nouvel ennemi, que l'on met quand même 6 épisodes à connaître, est bien plus puissant que Spector ce qui le place dans une situation de faiblesse. Là aussi, c'est une bonne idée puisqu'on se demande tout au long des numéros comment notre héros va pouvoir gérer la situation, qui semble sévèrement dégénerer...
Le problème, dans cette série, c'est la caractérisation des personnages, que je trouve assez superficielle :
en effet, Bendis a repris le principe des différentes personnalités de Spector en lui donnant 3 personnalités...correspondant à 3 vengeurs très connus. Alors ok, c'est sympa de le voir se prendre pour Wolverine par exemple. Mais n'aurait-il pas été plus judicieux, ou en tout cas beaucoup plus intéressant, d'inventer des personnalités de toutes pièces plutôt que de reprendre des personnages connus ? Peut être est-ce plus vendeur mais je trouve ça un peu facile... Echo, que certains on pu voir dans Daredevil, est montrée comme une fille canon et badass, rien de plus. Même la relation entre les deux personnages n'est pas très intéressante, car peu développée et assez clichée. Bref, grosse déception à ce niveau car Bendis est largement capable de mieux faire.
Coté histoire et narration, on retrouve les points faibles et points forts de l'auteur : tendance à la décompression (il ne se passe en effet pas énormément de choses en 7 numéros), mais aussi des dialogues au poil avec un humour bien présent.

Maleev assure comme toujours le job côté dessin, même si les premiers numéros ne sont pas à la hauteur de ces travaux précédents (la faute à des visages un peu ratés et des pages un peu brouillonnes). Il se rattrape néanmoins au fur et à mesure des numéros. Ne faisons pas la fine bouche, c'est quand même magnifique.
La colorisation est parfois un peu trop sombre à mon goût, mais ce détail ne vous empêchera pas de profiter du travail remarquable de l'artiste.

En résumé :

Si Bendis a réussi à placer Moon Knight dans un contexte intéressant, il a pour l'instant échoué à donner de la profondeur au personnage. L'aventure n'est pas dénuée d'intérêt mais manque un peu de rythme. Maleev réussit malgré tout a tirer son épingle du jeu, mais n'est pas au niveau de ces précédents travaux (Scarlet en tête). Une série moyenne, vite lue vite oubliée. Espérons que le deuxième tome relève la barre...